Le vin du pape s'est envolé en 48 heures : l'histoire de la cuvée que tout le monde voulait déguster

jeudi 24 septembre 2026 20:00 - Daniele Mainieri
Le vin du pape s'est envolé en 48 heures : l'histoire de la cuvée que tout le monde voulait déguster

En France, il a suffi d’une petite cuvée, née presque en catimini, pour transformer une visite papale en une histoire mêlant vin, terroir et curiosités.

À l’occasion de l’arrivée du pape Léon XIV à Metz, un jeune vigneron de la Moselle a préparé 500 bouteilles spéciales: en 48 heures, elles étaient déjà toutes vendues. Ni grand lancement, ni production gigantesque, mais une idée simple et locale: mettre en bouteille un souvenir, avec le goût du terroir et une étiquette conçue pour durer.


Une cuvée créée pour une visite exceptionnelle

Quand on parle d'une visite papale, on pense immédiatement aux cérémonies, aux discours officiels et aux foules en attente. En Moselle, cependant, certains ont également pensé à un souvenir à déboucher ou à conserver. Le protagoniste est Arnaud Stapurewicz, propriétaire du domaine La Joyeuse, qui a décidé de créer une cuvée spéciale en l’honneur du passage du pape Léon XIV à Metz.

L’idée est née lors d’un échange avec l’archiprêtre Cédric Triponez. Au départ, on avait même pensé à une bière, notamment parce que le vigneron venait de se lancer dans la brasserie. Puis le vin s’est imposé presque de lui-même : en raison de son lien avec la tradition chrétienne, de la valeur symbolique de la vigne et du désir de mettre en valeur un territoire à travers un produit plus identitaire.

Le résultat ? Une production limitée à 500 bouteilles, vendues via la boutique de l’évêché, qui a suscité un intérêt bien au-delà des attentes. En à peine deux jours, la cuvée était déjà épuisée.

Pourquoi le vin du pape s'est-il vendu si vite?

La réponse réside dans une combinaison très efficace : édition limitée, événement rare, forte valeur symbolique et ancrage local. Une bouteille liée à une visite papale n’est pas simplement un vin à apporter à un dîner ; elle devient un objet de souvenir, quelque chose à conserver dans sa cave, à offrir ou à raconter à ses amis.

Les éléments qui ont suscité la curiosité sont clairs :

  • une production très limitée, donc difficile à trouver ;
  • un lien direct avec la visite du pape Léon XIV à Metz ;
  • une étiquette personnalisée faisant référence à la ville et au souverain pontife ;
  • un cépage local, l’auxerrois, peu connu du grand public ;
  • un prix abordable, fixé à 18 euros, qui a rendu la bouteille attrayante également en tant que souvenir.

En bref : ce n’était pas seulement une bouteille. C’était une histoire à emporter chez soi.

Quel est le vin de la cuvée papale?

La cuvée élaborée à l'occasion de la visite du pape Léon XIV est le fruit d'un assemblage particulier, conçu dans des délais très courts. Le vigneron a utilisé une ancienne cuvée aux arômes boisés, conservée en cuve et initialement destinée au crémant. C’est à partir de là qu’a été créé un assemblage entre les millésimes 2022 et 2025, un choix à la fois pratique et intéressant : le passé récent du domaine rencontre l’actualité d’un événement exceptionnel.

Le cépage mis à l’honneur est l’auxerrois, un cépage blanc présent dans certaines régions de l’est de la France, souvent discret dans les chroniques mais capable de donner des vins souples, agréables et gastronomiques. Dans ce cas précis, plutôt que de miser sur un nom célèbre, la cuvée met en valeur une identité locale.

Qu’est-ce que l’auxerrois ?
C’est un cépage à baies blanches principalement associé à certaines régions fraîches d’Europe centrale et du nord-est. Il peut donner des vins ronds, délicats et adaptés à la table.

Combien coûte une bouteille et où pouvait-on l'acheter?

La bouteille était proposée à 18 euros, un prix qui a sans doute contribué à son succès immédiat. Ce n’était pas un investissement hors de portée, mais pas non plus un achat anodin : suffisamment abordable pour éveiller la curiosité, suffisamment spécial pour donner l’impression d’être un souvenir à ne pas manquer.

La vente était liée à la boutique de l’évêché de Metz, dans le cadre des initiatives organisées pour la visite papale. Les recettes avaient également une fonction pratique : contribuer au financement de l’événement, qui entraînait d’importants coûts d’organisation.

Peut-on encore acheter le vin du pape ?
D’après les informations disponibles, le tirage initial de 500 bouteilles s’est écoulé en deux jours. À moins de nouvelles disponibilités ou de reventes privées, la bouteille est rapidement devenue difficile à trouver.

L'étiquette, la cathédrale et la valeur du souvenir

L'étiquette, la cathédrale et la valeur du souvenir
Une grande partie du charme de cette bouteille réside dans son étiquette. Créée spécialement pour l’occasion, elle représente la cathédrale de Metz et le souverain pontife, faisant de cette cuvée un objet commémoratif. Dans ce genre de cas, l’étiquette ne sert pas seulement à identifier le vin : elle devient la couverture de l’histoire.

Le projet a vu le jour à un moment pas vraiment tranquille pour un producteur : en pleine vendange. Entre les raisins à surveiller, la cave en pleine effervescence et des délais très serrés, la réalisation de cette cuvée a nécessité la mobilisation d’une petite équipe : le diocèse, le service communication, les graphistes, l’imprimeur et, bien sûr, le domaine.

Pourquoi une bouteille commémorative suscite-t-elle autant d’intérêt ?
Parce qu’elle réunit deux désirs très humains : déguster quelque chose de bon et conserver un souvenir. Une bouteille peut rester bouchée pendant des années, finir dans une vitrine, être dégustée en famille ou offerte en cadeau.

De la Moselle à l'œnotourisme: une petite histoire aux multiples interprétations

Le domaine La Joyeuse tire son nom d’une source située au cœur du vignoble, où se trouve une pierre datant de 1714 et portant une inscription évoquant la paix et la joie . C’est un détail poétique, mais aussi très utile pour comprendre le sens de cette démarche : cette cuvée est issue d’un lieu précis, et non d’un service marketing éloigné du vignoble.

Le producteur, qui a repris le domaine familial, cherche à développer de nouvelles activités : bière artisanale, espaces de séminaires, accueil et œnotourisme. Dans une région viticole moins médiatisée que Bordeaux, la Bourgogne ou la Champagne, une telle histoire peut braquer les projecteurs sur un territoire plus discret.

Ce qui est intéressant, pour les amateurs de vin et de gastronomie, c’est justement cela : une bouteille d’exception peut devenir une porte d’entrée vers un cépage, une région et une autre façon de vivre le vin.

Que nous apprend cette cuvée papale sur le vin aujourd'hui?

Cette histoire en dit long sur la façon dont nous considérons le vin en 2026. Nous ne recherchons pas seulement des bouteilles techniquement irréprochables, mais aussi des récits crédibles, des racines, des éditions limitées, des visages et des lieux. Le vin du pape n’a pas seulement fait parler de lui pour son goût, mais pour tout ce qui l’entourait : la visite de Léon XIV, Metz, la Moselle, l’auxerrois, le travail pendant les vendanges et la rapidité avec laquelle les bouteilles ont disparu.

Bien sûr, une recommandation simple s’impose : le vin s’apprécie avec curiosité et modération. Mais cette cuvée montre bien à quel point une bouteille peut devenir bien plus qu’une simple boisson . Elle peut être un souvenir, une micro-actualité gastronomique, un geste de terroir et même un petit fait de mœurs.

Et au final, la question la plus sympathique reste celle-ci : quel goût avait-il vraiment ce vin tant convoité ?Ceux qui ont réussi à se le procurer ont la réponse entre les mains. Tous les autres, au moins, ont une histoire parfaite à raconter lors du prochain toast.
Daniele MainieriDaniele Mainieri
Chaque jour, je plonge avec curiosité dans l’univers de la cuisine et du vin, à la recherche de nouvelles saveurs, recettes et découvertes à partager. Des plats de grand-mère aux tendances culinaires du moment, en passant par les accords qui font toute la différence. Depuis plus de 10 ans, je travaille dans la communication food & wine et je suis aujourd’hui responsable éditoriale de la version italienne de Petitchef.

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