Boissons enrichies, yaourts “fitness”, snacks protéinés : cette frénésie de janvier est-elle justifiée ?
En janvier, il y a deux choses qui reviennent chaque année: les bonnes résolutions… et les protéines. Elles envahissent les rayons des supermarchés, les menus, les réseaux sociaux et même les boissons. Yaourts “high protein”, barres protéinées, cafés enrichis, snacks “fitness”: on a parfois l’impression qu’il faut en consommer à chaque repas pour “bien faire”.
Pourquoi les protéines deviennent-elles un sujet central après les fêtes?
Après les repas copieux de fin d’année, beaucoup cherchent à retrouver une sensation de légèreté, d’énergie et de contrôle à table. Les protéines arrivent alors en tête des solutions “rapides” : elles rassasient, elles sont associées à la masse musculaire, et elles donnent l’impression de manger “sérieux”.
C’est aussi un nutriment facile à mettre en avant d’un point de vue marketing. Ajouter le mot “protéiné” sur un emballage suffit souvent à transformer un produit classique en aliment perçu comme plus sain.
Le problème n’est pas la protéine en elle-même. Le problème, c’est l’idée qu’il en faudrait beaucoup plus que nécessaire, et surtout sous forme de produits transformés.
De quelle quantité de protéines avons-nous réellement besoin?
Contrairement à ce que laissent entendre certaines tendances, les besoins en protéines sont assez stables tout au long de l’année.
Pour un adulte en bonne santé, les recommandations nutritionnelles se situent en moyenne entre 0,8 et 1 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour (ANSES).
Cela signifie par exemple :
- une personne de 60 kg : environ 48 à 60 g de protéines par jour
- une personne de 70 kg : environ 56 à 70 g par jour
Même en pratiquant une activité physique régulière, les besoins n’augmentent que modérément. On est loin des quantités parfois suggérées par les produits “hyperprotéinés”.
Manger plus de protéines que nécessaire n’apporte pas de bénéfice supplémentaire. Le corps utilise ce dont il a besoin. Le surplus est simplement stocké ou éliminé.
Faut-il manger des protéines à chaque repas?
Pas forcément. Une alimentation équilibrée répartit naturellement les protéines sur la journée : un peu au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Mais il n’est pas indispensable d’en ajouter systématiquement partout.
Un repas sans viande ou sans produit laitier n’est pas un “mauvais” repas s’il est équilibré. Les protéines peuvent venir des légumineuses, des céréales, des œufs, des produits laitiers ou du poisson.
L’important n’est pas la multiplication des sources, mais la régularité et la diversité.
Ce que les protéines peuvent vraiment apporter en janvier
Lorsqu’elles sont consommées en quantité adaptée, les protéines ont des effets intéressants, surtout après une période d’excès :
- elles prolongent la sensation de satiété
- elles aident à limiter les grignotages
- elles participent au maintien de la masse musculaire
Mais il faut rester clair : les protéines ne font pas maigrir toutes seules, ne “détoxifient” pas l’organisme et ne remplacent pas une alimentation équilibrée.
Les résultats visibles arrivent lorsque les protéines s’intègrent dans un ensemble cohérent :
- des repas structurés
- des portions raisonnables
- des légumes en quantité
- un minimum de mouvement au quotidien
Les protéines ne doivent pas faire exploser le budget
Un autre piège fréquent en janvier est de croire que “protéiné” signifie forcément “meilleur”. Beaucoup de produits enrichis coûtent plus cher, contiennent plus d’additifs et n’apportent pas plus de bénéfices que des aliments simples.
La bonne nouvelle, c’est que les meilleures sources de protéines sont souvent déjà dans nos cuisines :
- œufs
- lentilles, pois chiches, haricots
- yaourts nature, fromage blanc
- poisson
- volaille
- fromages frais
Ces aliments sont accessibles, polyvalents et faciles à intégrer dans les repas du quotidien, sans transformer les courses en parcours santé.
La bonne approche à adopter en janvier
Janvier n’est pas le mois idéal pour les changements radicaux, mais plutôt pour remettre de la cohérence dans son assiette. Les protéines ont leur place, bien sûr, mais sans excès ni obsession.
Les bonnes habitudes sont souvent les plus simples :
- cuisiner davantage
- manger à des horaires réguliers
- privilégier les aliments bruts
- écouter sa faim
Quand l’effet de mode disparaît, ce sont ces choix-là qui restent. Et en matière d’alimentation, la régularité vaut toujours mieux que la surenchère.
Daniele Mainieri
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