Ce n’est pas de la faim, c’est de la stratégie : ce que les pauses alimentaires disent du tennis de haut niveau
Avec le retour du tennis après la trêve hivernale, les écrans se remplissent à nouveau de courts ensoleillés, de longs échanges… et de petits rituels bien précis entre les jeux. Lors des pauses, on voit les joueurs attraper une banane, presser un gel, boire quelques gorgées d’une boisson colorée. Des gestes rapides, presque mécaniques, qui intriguent souvent les spectateurs.
Pourquoi les pauses sont des moments stratégiques pour manger
Un match de tennis n’est pas un effort continu comme un marathon. Il est fait d’accélérations, d’arrêts, de reprises, avec des pics d’intensité très élevés. Chaque échange sollicite les muscles, mais aussi énormément le système nerveux.
Le problème, c’est que les réserves de sucre de l’organisme (le glycogène) s’épuisent progressivement. Attendre la fin du match pour s’alimenter serait trop tard. Les pauses deviennent donc le seul moment possible pour maintenir un niveau d’énergie stable.
Les joueurs ne mangent pas parce qu’ils ont faim, mais pour éviter la baisse de régime avant qu’elle n’arrive.
Les collations que l’on voit vraiment sur le court
Si vous observez attentivement les bancs des joueurs, surtout lors des tournois en plein soleil comme l’Open d’Australie, vous remarquerez que les aliments reviennent souvent. Ce n’est pas un hasard.
La banane
C’est sans doute l’en-cas le plus emblématique du tennis. Facile à manger, elle apporte des glucides rapidement utilisables, tout en étant bien tolérée par l’estomac. Elle contient aussi du potassium, un minéral important pour le bon fonctionnement musculaire.
Les barres énergétiques molles
Ici, pas de barres dures ou trop riches. Les joueurs privilégient des versions souples, pauvres en graisses et faciles à mâcher. L’objectif est clair : de l’énergie rapide, sans digestion compliquée.
Les gels énergétiques
Très utilisés lors des matchs longs ou dans les moments critiques. Les gels apportent du glucose presque immédiatement, parfois associé à du sodium. Ils sont pratiques, rapides et efficaces, même sous forte chaleur.
Les dattes et fruits déshydratés
En petite quantité, ils offrent une énergie concentrée et naturelle. Peu de mastication, pas de volume inutile, et une montée rapide du sucre dans le sang.
Les boissons glucidiques et minérales
L’eau seule ne suffit pas toujours. Les joueurs boivent souvent des boissons contenant des sucres, du sodium et du potassium pour compenser les pertes liées à la transpiration et soutenir l’effort.
Le mot-clé: la tolérance digestive
Sur le court, le confort digestif est essentiel. En situation de stress et d’effort intense, la digestion est ralentie. Le sang est dirigé vers les muscles, pas vers l’estomac.
C’est pour cela que les collations choisies ont toujours les mêmes caractéristiques :
- elles se digèrent très vite
- elles fournissent une énergie immédiate
- elles n’alourdissent pas le corps
Les aliments riches en graisses, en fibres ou en protéines sont volontairement évités pendant le match. Même s’ils sont nutritifs, ils demandent trop de travail digestif à un moment où le corps n’en a pas les moyens.
Pourquoi on ne voit jamais de “vrais repas” pendant un match
Un sandwich, un yaourt ou un plat solide seraient contre-productifs. Ils risqueraient de provoquer des ballonnements, une sensation de lourdeur ou même des douleurs abdominales.
Au tennis, le plaisir passe après l’efficacité. Le goût est secondaire. Ce qui compte, c’est que l’aliment fasse son travail sans se faire remarquer.
L’énergie mentale compte autant que l’énergie physique
Le tennis est un sport où la concentration est permanente. Une légère baisse du taux de sucre dans le sang peut suffire à provoquer :
- une perte de lucidité
- des choix moins précis
- une augmentation des fautes directes
Les glucides consommés pendant les pauses nourrissent aussi le cerveau. C’est pour cette raison que certains joueurs prennent une collation juste avant un jeu décisif ou un tie-break.
Bien manger pendant le match, c’est aussi rester calme et concentré.
Rien n’est laissé au hasard: le rôle de l’équipe
Derrière ces choix se cache souvent le travail d’un nutritionniste sportif. Sur le circuit professionnel, l’alimentation est adaptée :
- à la durée probable du match
- aux conditions climatiques
- à l’heure de jeu
- au profil du joueur
Par forte chaleur, l’apport en glucides et en minéraux peut être augmenté. Pour un match plus court, la stratégie sera différente. Il n’existe pas une collation universelle, mais une approche personnalisée.
Le message envoyé par les courts est clair: manger au bon moment est aussi important que manger bien
Cette logique peut s’appliquer à tout le monde, même en dehors du sport.
Que ce soit au travail, en randonnée ou lors d’une journée intense, prévoir une collation simple, digeste et efficace permet d’éviter les coups de fatigue et les baisses de concentration.
Au tennis comme dans la vie quotidienne, ce sont souvent les petits détails qui font la différence.
Daniele Mainieri
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