Dry January : pourquoi les Français veulent boire moins… mais n’y arrivent pas toujours

samedi 3 janvier 2026 08:15 - Adèle Peyches
Dry January : pourquoi les Français veulent boire moins… mais n’y arrivent pas toujours

On a tous quelqu’un dans notre entourage qui dit “j’essaie de lever le pied” et on a tous déjà pensé la même chose.

À l’approche du Dry January, une étude OpinionWay menée pour la Brasserie Parallèle (brasserie bordelaise spécialisée dans les boissons sans alcool) met des chiffres très concrets sur ce sujet: les Français ont de plus en plus conscience des excès, mais se heurtent encore à des freins sociaux, des habitudes tenaces… et un vrai manque d’alternatives qui donnent envie.

L’étude parle d’alcool, bien sûr, mais surtout de modération: ce que les gens tentent, ce qui les bloque, ce qu’ils espèrent en retirant, et pourquoi la “pause” de janvier séduit autant...


83% des Français boivent… et presque un sur deux chaque semaine

Premier constat : l’alcool reste très présent. 83% des Français déclarent consommer de l’alcool, même occasionnellement. Et près de la moitié en boivent chaque semaine (48%), dont 10% tous les jours.

Ce qui interpelle, c’est la notion de dépendance perçue : 15% des répondants disent ressentir une dépendance vis-à-vis de l’alcool. Mais l’étude montre aussi un décalage chez les consommateurs quotidiens : 66% de ceux qui boivent tous les jours affirment ne ressentir aucune dépendance.

Autre point intéressant : contrairement à certaines idées reçues, les moins de 35 ans déclarent moins consommer que les générations plus âgées (73% contre davantage chez les plus âgés). En revanche, leur ressenti est plus ambivalent : 25% des moins de 35 ans disent ressentir une dépendance, contre 10% chez les 50 ans et plus. Autrement dit : moins de consommation globale, mais une relation parfois plus compliquée.

1 Français sur 2 a déjà vécu une “situation problématique” à cause de l’alcool

C’est probablement la partie la plus parlante de l’étude. 52% des Français disent s’être déjà retrouvés dans une situation problématique liée à l’alcool. Pas seulement des “lendemains difficiles”, mais des situations très concrètes.

Parmi les plus fréquentes :

  • 28% déclarent avoir déjà pris la route en étant saouls (dont 12% à plusieurs reprises),
  • 26% se sont blessés ou ont ressenti des douleurs le lendemain,
  • 21% se sont embrouillés avec quelqu’un sans raison valable,
  • 20% ont déjà annulé un rendez-vous après une soirée trop arrosée.

Et côté “dérapages” plus personnels (souvent liés à la désinhibition) :

  • 16% ont recontacté un·e ex,
  • 16% parlent d’un coup d’un soir regretté,
  • 11% admettent avoir été infidèles sous l’effet de l’alcool,
  • 22% se sont jetés sur la malbouffe après avoir bu,
  • 13% ont découvert des vidéos “honteuses” le lendemain.

Les moins de 35 ans sont les plus exposés : 65% ont déjà vécu une situation problématique, contre 43% chez les 65 ans et plus. Les hommes déclarent aussi plus souvent ces situations (59% contre 47% des femmes). Et plus la consommation est régulière, plus les risques grimpent : parmi les consommateurs réguliers, 39% ont déjà conduit sans être en état, et 56% chez les buveurs quotidiens.

67% ont déjà essayé de réduire… en se fixant des règles

Bonne nouvelle (et elle est importante) : les tentatives sont déjà là. 67% des Français déclarent avoir mis en place au moins une stratégie pour réduire leur consommation.

Les stratégies les plus courantes sont très “pragmatiques” :

  • fixer une quantité limite par soirée (52%),
  • ne pas boire avant une certaine heure (51%),
  • éviter l’alcool fort (47%),
  • arrêter totalement pendant une période (45%),
  • instaurer des jours sans alcool (44%).

Mais il y a aussi des stratégies qui touchent la vie sociale :

  • limiter les sorties (39%),
  • éviter certains lieux/événements (36%),
  • “contrôler ses fréquentations” (33%).

Ce que ça raconte entre les lignes : beaucoup de gens veulent modérer… mais se sentent obligés de modifier leur vie sociale pour y arriver. Et c’est souvent là que ça coince.

Dry January: une pause qui tente de plus en plus de Français

Le Dry January est très connu : 78% des Français savent ce que c’est. Et pour janvier prochain, 23% envisagent d’arrêter totalement l’alcool, dont 11% se disent déjà fermement décidés.

L’intention varie beaucoup selon l’âge :

  • 15% des plus de 50 ans prévoient de participer,
  • 31% des moins de 50 ans,
  • 38% des moins de 35 ans.

On voit bien la tendance : la pause “sans alcool” devient un vrai outil de contrôle pour les plus jeunes, surtout quand ils veulent reprendre la main sans forcément “arrêter pour toujours”.

Réduire l’alcool: 85% y voient des bénéfices… pas seulement pour la santé

Ce n’est pas qu’une question de foie ou de calories : 85% des Français estiment que réduire l’alcool aurait des effets positifs dans au moins un aspect de leur vie.

Les bénéfices les plus cités :

  • santé physique (73%),
  • qualité du sommeil (72%),
  • joie de vivre (72%),
  • santé mentale (71%),
  • budget (72%).

Mais l’étude montre aussi un impact perçu sur les relations :

  • vie de couple et de famille (71%),
  • relations sociales (69%).

Et même la sphère pro ressort fortement (70% pensent que cela améliorerait leur carrière). Au final, 73% voient plus de bénéfices que de contraintes à réduire leur consommation, même si près d’un quart ressent l’inverse.

Ce qui bloque vraiment: le regard des autres… et le manque d’alternatives

C’est ici que l’étude devient très utile pour comprendre pourquoi “je veux boire moins” ne se transforme pas toujours en “je bois moins”.

Les freins principaux :

  • 29% disent ressentir le jugement des autres quand ils choisissent une boisson sans alcool en soirée (44% chez les moins de 35 ans),
  • 25% craignent de moins s’amuser sans alcool,
  • 36% estiment que leur consommation n’a aucun impact sur leur santé,
  • 41% pensent que leur état le lendemain est identique, qu’ils aient bu ou non.

Et surtout : l’offre de sans alcool ne convainc pas encore.

  • 48% estiment que les boissons sans alcool n’ont pas autant de goût,
  • 43% regrettent le manque d’options sans alcool intéressantes dans les bars et restaurants,
  • 38% font le même constat en magasin.

En clair : beaucoup veulent modérer, mais ne veulent pas se retrouver avec “de l’eau et un jus d’orange” pendant que les autres trinquent.

Ce qu’il faut retenir

Cette étude montre un paradoxe très français : on a conscience des excès, on a déjà essayé de réduire, on en attend des bénéfices… mais on reste freiné par des habitudes culturelles et sociales, et par le manque de solutions vraiment désirables.

Le Dry January, lui, apparaît comme une porte d’entrée simple : un cadre, une date, un défi collectif. Et peut-être, surtout, une manière de prouver qu’on peut garder la convivialité… sans forcément garder l’alcool.

Adèle PeychesAdèle Peyches
Responsable éditoriale qui a seulement hâte de l’hiver pour manger des raclettes!
Passionnée de gastronomie et toujours en quête de nouvelles pépites culinaires, j'ai d'abord suivi des études de droit avant de revenir à mon premier amour : le goût des bons produits et le plaisir du partage autour de la table :)

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