Vous pensiez juste être gourmand en hiver ? Ce que le froid déclenche vraiment dans votre corps
Quand les températures chutent, notre assiette change presque instinctivement. Moins de salades, plus de plats chauds. Davantage de soupes, de gratins, de plats mijotés.
Ce n’est ni un caprice ni un manque de volonté: le froid modifie réellement notre façon de manger, à la fois sur le plan physiologique, hormonal et comportemental.
Pourquoi avons-nous plus faim en hiver? Pourquoi recherchons-nous certains aliments plutôt que d’autres? Et comment répondre à ces besoins sans tomber dans les excès? Décryptage.
Le froid augmente les besoins énergétiques
Lorsque la température extérieure baisse, le corps doit fournir plus d’énergie pour maintenir sa température interne autour de 37 °C. Ce mécanisme, appelé thermorégulation, entraîne une légère augmentation de la dépense énergétique.
Selon l’INSERM, l’exposition au froid peut augmenter la dépense calorique quotidienne de 5 à 10 %, en fonction de l’intensité du froid, de la durée d’exposition et de la morphologie.
Résultat : l’appétit augmente légèrement, en particulier pour des aliments rassasiants et énergétiques.
Pourquoi on a envie de plats chauds et réconfortants
Le froid agit aussi sur nos préférences alimentaires. Les plats chauds procurent une sensation immédiate de confort, mais ce n’est pas qu’une question de plaisir.
Plusieurs facteurs entrent en jeu :
- la chaleur des aliments facilite la digestion,
- les textures fondantes ou crémeuses sont perçues comme plus rassurantes,
- manger chaud envoie un signal de sécurité au cerveau.
Des études en neurosciences alimentaires montrent que la chaleur des aliments active des zones cérébrales associées au bien-être, ce qui explique l’attrait pour les soupes, les purées ou les plats mijotés en hiver.
Le rôle de la lumière et des hormones
En hiver, la diminution de la luminosité influence directement notre équilibre hormonal. La baisse d’exposition à la lumière naturelle réduit la production de sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’humeur et de l’appétit.
En parallèle :
- la production de mélatonine augmente,
- la sensation de fatigue est plus marquée,
- l’envie de glucides devient plus fréquente.
Les glucides complexes (riz, pâtes, pommes de terre, légumineuses) favorisent la disponibilité du tryptophane, précurseur de la sérotonine, ce qui explique leur attrait naturel en période froide.
Pourquoi on mange plus gras en hiver
Les lipides ont une densité énergétique élevée : 9 kcal par gramme, contre 4 kcal pour les protéines et les glucides. En hiver, le corps a tendance à les apprécier davantage pour répondre à ses besoins énergétiques accrus.
Historiquement, cette adaptation était essentielle pour survivre aux périodes froides. Aujourd’hui encore, notre organisme conserve cette mémoire biologique.
Cela ne signifie pas qu’il faille manger plus gras sans limite, mais que le besoin est physiologique, pas uniquement culturel.
Le froid modifie aussi notre rythme de repas
Les journées plus courtes et le manque de lumière influencent également :
- les horaires de faim,
- la fréquence des grignotages,
- la taille des portions.
Selon Santé Publique France, les périodes hivernales sont associées à :
- une diminution de l’activité physique,
- une augmentation des prises alimentaires en soirée,
- une recherche accrue de collations.
Le corps cherche naturellement à compenser la baisse d’énergie perçue.
Comment répondre aux besoins de l’hiver sans excès
Il ne s’agit pas de lutter contre ces mécanismes, mais de les accompagner intelligemment :
- privilégier les plats chauds faits maison,
- intégrer des féculents de qualité,
- ne pas supprimer les matières grasses, mais les choisir (huiles, beurre en quantité raisonnable),
- maintenir une bonne hydratation, même sans sensation de soif,
- conserver des horaires de repas réguliers.
Ce qu’il vaut mieux éviter
- ignorer la faim sous prétexte de “se contrôler”,
- compenser le froid par des aliments ultra-transformés,
- multiplier les régimes restrictifs en hiver, période déjà exigeante pour l’organisme.
Les restrictions excessives en période de stress physiologique augmentent les risques de fatigue, de baisse d’immunité et de déséquilibres alimentaires.
Le froid influence notre façon de manger à plusieurs niveaux :
- il augmente légèrement nos besoins énergétiques,
- il modifie nos préférences alimentaires,
- il agit sur nos hormones et notre humeur,
- il favorise des comportements alimentaires plus réconfortants.
Plutôt que de résister à ces changements, il est plus sain de les comprendre et de s’y adapter. En hiver, manger chaud, nourrissant et rassasiant n’est pas un écart : c’est une réponse naturelle du corps aux saisons!
Adèle PeychesPassionnée de gastronomie et toujours en quête de nouvelles pépites culinaires, j'ai d'abord suivi des études de droit avant de revenir à mon premier amour : le goût des bons produits et le plaisir du partage autour de la table :)
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