Posté le 12/06/2008 09:31:21 Par Je mijote (Voir son site)
5 ème jour – Mercredi 6 février 08 - Suite
A deux doigts de la syncope après le nez à nez avec ce serpent, j’accepte le compromis suivant : on avance plus loin et si je ne me sens pas capable de passer la nuit en hamac avec l'image d'un serpent rodant à nos côtés, on fait demi-tour.
Mon cerveau a bien enregistré que dormir directement sur le sol en forêt est complètement surréaliste et très fortement déconseillé en Guyane. C’est pourquoi nous allons dormir en hamac.
Mais le hamac sera accroché à quoi ?
Rappelons-nous que le principal danger en forêt ce n’est pas l’affreux serpent que nous venons de rencontrer mais la chute d’arbres.
C'est pourquoi nous dormirons en carbet.
Mais qu’est ce qu’un carbet ?
C’est l’habitat traditionnel des Amérindiens. Une construction en bois avec une toiture en feuilles de palmier reposant sur 4 poteaux. Il est ouvert, ce qui permet à l’air de circuler. Il protège de la pluie et du soleil.
Maintenant souvent pour couverture, de simples bâches ont remplacé les traditionnelles feuilles de palmiers.
On peut facilement y accrocher son hamac.
Bon…
Deux jours plus tôt, nous avons vu des carbets près de Saut Maripa. Des carbets envahis par la végétation. Des carbets dans lesquels un serpent vert alléché par la chair fraîche peut se faufiler sans faire de bruit…
Oui mais là, nous nous rendons dans une ferme auberge qui propose un hébergement en carbet hamac. Alors peut-être que…
Quand soudain nous débouchons devant un superbe paysage qui me coupe le souffle.
Je sens déjà certaines appréhensions s’envoler. C’est tellement beau.
C’est Hugo qui nous accueille et nous aide à installer nos hamacs et les moustiquaires avant de nous laisser.
Je vais nettement mieux.
Notre carbet est magnifique : toit en tôle, plancher au sol. Ça me fait rire tant de luxe en pleine forêt mais ça me rassure drôlement.
Je teste mon hamac.
Hugo nous a assuré que l’on y dort très bien. Un peu en travers pour tendre le tissu.
Maintenant que les ressorts du matelas ont été testés, il est l’heure de parcourir les environs.
Visez un peu comme il est beau notre carbet. Il y en a trois comme ça sur le site.
On peut installer une douzaine de hamacs sous chaque carbet.
Ce soir, il y aura peu de monde. Nous serons seuls dans notre carbet.
Oh une noix de coco !!
Tiens une autre !! Juste à côté d’ananas.
On surplombe le fleuve tout en se promenant dans le verger de la ferme-auberge.
L’endroit superbe est abondamment fleuri.
Même les abords du fleuve sont enchanteurs.
Nous traversons à présent le verger dans lequel on trouve entre autre des chadeks (une variété de gros pamplemousses) et des avocats.
Quelques gouttes de pluie, je les reçois avec bonheur.
Après cette belle promenade, Olivier décide de tester son hamac !
Allongée dans mon hamac, je m’amuse à photographier la vue et j’écoute la forêt.
Au milieu de nulle part, tout est bruit, cri, bruissement et clapotis. Je suis vraiment heureuse d’être ici et de savourer ces moments là.
Peu avant la tombée de la nuit, vers 18 heures, nous allons prendre une douche. Une douche froide mais rafraîchissante et bienvenue.
Olivier a lu quelque part que l’odeur d’un corps moite et revêtu de vêtements sales attire facilement à lui les moustiques !!!
Vers 18h30, il fait nuit noire.
Nous sommes installés à la terrasse de la ferme-auberge.
C’est l’heure du concert des grenouilles au bord du fleuve.
On les écoute en sirotant un ti-punch au sirop de canne maison parfumé à la vanille et clou de girofle que nous a vanté le patron.
Il y a peu de monde mais l’ambiance est très sympa. Le fait que l’on peut se resservir en ti-punch doit y être pour quelque chose mais il y aussi la magie du lieu.
Pour le dîner, on mangera du zébu guyanais et de la torche, un poisson du fleuve et une salade de fruits du verger en dessert.
Il n’est pas très tard lorsque nous décidons d’aller nous coucher.
La nuit est noire mais toujours aussi bruyante.
Je suis morte de rire de nous voir attifés de notre lampe frontale pour rejoindre le carbet.
Nous avons notre tenue de nuit : pantalon et tee-shirt à manches longues, les nuits peuvent être fraîches en forêt et il vaut mieux protéger le maximum de centimètres carré de peau contre les attaques de moustiques.
On fait quelques photos. Je veux immortaliser l’instant.
Et le serpent me direz-vous ?
Mais quel serpent pourrais-je vous répondre ?
Je n’y ai même pas pensé en me couchant. Le rhum, la lampe frontale….
Je m’endors comme un bébé.
Je sursaute parfois lorsque le cri d’un singe hurleur retenti pas très loin de nous pour me rendormir de plus belle.
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