Au supermarché: comment repérer un thon moins chargé en mercure et des réflexes faciles à adopter
Pratique, riche en protéines, facile à glisser dans une salade, des pâtes ou un sandwich… le thon fait clairement partie des produits stars dans beaucoup de cuisines :)
Le problème, c’est qu’il revient aussi très souvent dans les discussions autour du mercure.
Et pour cause: certains thons peuvent contenir des quantités importantes de ce métal lourd, surtout lorsqu’ils appartiennent à de grandes espèces prédatrices.
Alors, faut-il arrêter complètement d’en manger? Pas forcément.
Mais apprendre à mieux le choisir peut vraiment faire la différence.
Pourquoi le thon contient-il du mercure?
Le mercure est un métal naturellement présent dans l’environnement, mais les activités industrielles ont fortement augmenté sa présence dans les océans.
Une fois dans l’eau, il se transforme en méthylmercure, une forme particulièrement problématique qui s’accumule dans les organismes marins.
Et plus un poisson vit longtemps et mange d’autres poissons… plus il accumule de mercure au fil du temps.
C’est ce qu’on appelle la bioaccumulation.
Le thon étant un grand prédateur marin, il se retrouve logiquement parmi les poissons les plus concernés.
Selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire), l’exposition au méthylmercure passe principalement par la consommation de poissons et de produits de la mer, notamment les grands poissons prédateurs comme le thon, l’espadon ou le requin.
Tous les thons ne se valent pas
Et c’est LE point important à retenir.
Parce qu’au supermarché, sous le mot “thon”, se cachent en réalité plusieurs espèces différentes.
Certaines sont beaucoup plus chargées en mercure que d’autres.
Le thon blanc (germon ou albacore): plus concerné
Les gros thons comme le thon germon, l’albacore ou le thon rouge vivent longtemps et atteignent des tailles importantes.
Résultat : ils accumulent davantage de mercure.
Le thon blanc en conserve est souvent plus riche en méthylmercure que les petits thons utilisés dans certaines conserves “thon listao”.
Le listao: souvent le meilleur choix
Le thon listao (skipjack en anglais) est généralement considéré comme l’un des meilleurs compromis.
Pourquoi ?
Parce qu’il est plus petit, vit moins longtemps et accumule donc moins de métaux lourds.
C’est souvent celui qu’on retrouve dans les conserves de thon “morceaux” ou dans certaines marques plus abordables.
Lorsque l’espèce est indiquée sur l’emballage, privilégier le listao est souvent une bonne stratégie !
Regarder l’espèce sur l’étiquette change tout
Le problème, c’est que beaucoup de consommateurs ne regardent jamais cette information.
Pourtant, elle est souvent indiquée en petit sur la boîte.
Voici quelques noms utiles à repérer :
À privilégier plus souvent :
- Thon listao
- Skipjack
- Katsuwonus pelamis
À limiter davantage :
- Thon germon
- Albacore
- Yellowfin
- Thon rouge
Le thon frais est souvent plus chargé que le thon en boîte
C’est une idée reçue assez fréquente : beaucoup pensent que le thon frais serait forcément “meilleur”.
Nutritionnellement, il peut effectivement être intéressant.
Mais côté mercure, les gros steaks de thon frais proviennent souvent d’espèces plus grandes et donc plus contaminées.
Certaines analyses montrent d’ailleurs que les concentrations peuvent être bien plus élevées dans certains thons frais que dans les petites conserves de listao.
Les femmes enceintes et les enfants doivent être particulièrement vigilants
Le méthylmercure peut affecter le développement du système nerveux, surtout chez le fœtus et les jeunes enfants.
C’est pourquoi les autorités sanitaires recommandent aux femmes enceintes de limiter les grands poissons prédateurs.
L’ANSES conseille notamment de varier les espèces de poissons et de limiter la consommation des poissons les plus contaminés.
Même logique pour les jeunes enfants, dont l’organisme est plus sensible à l’exposition répétée aux métaux lourds.
Faut-il arrêter de manger du thon?
Non.
Parce que le poisson reste un aliment très intéressant sur le plan nutritionnel.
Le thon apporte :
- Des protéines de qualité
- Des oméga-3
- De la vitamine D
- Du sélénium
- Et plusieurs minéraux essentiels
Le vrai enjeu, ce n’est pas de supprimer totalement le thon… mais surtout d’éviter une consommation excessive et répétée des espèces les plus contaminées.
La meilleure stratégie: varier les poissons
C’est probablement le conseil le plus important.
Au lieu de manger du thon plusieurs fois par semaine, mieux vaut alterner avec d’autres poissons généralement moins contaminés :
- Sardines
- Maquereaux
- Harengs
- Truite
- Saumon
- Anchois
En plus d’être souvent moins riches en mercure, ces poissons sont également excellents en oméga-3 !
Adèle PeychesPassionnée de gastronomie et toujours en quête de nouvelles pépites culinaires, j'ai d'abord suivi des études de droit avant de revenir à mon premier amour : le goût des bons produits et le plaisir du partage autour de la table :)
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