Cherchez une recette sur Ptitchef:


Posté le 08/10/2007 23:17:00 par Académie Culinaire de la Coquille St Jacques - Nantes (voir son site)


Article paru sur le site "Nantes maville.com" le 8/10/2007 :

Lien  direct



Actualité Loire-Atlantique



Édition du lundi 08 octobre 2007



Confronté à la pénurie, le muscadet revendique un juste prix







Les vendanges 2007 viennent de s'achever dans
le vignoble nantais. Le raisin est en cuve à fermenter. À Bouaye chez
Nicolas Choblet comme ailleurs, le vin nouveau est prometteur. Seul
souci : il ne coulera pas à flot.
 

La récolte 2007 qui vient de s'achever est maigre dans le vignoble
nantais. Les professionnels se consolent avec une belle qualité et
l'opportunité d'une hausse des cours.
 

Les dernières machines à vendanger ont achevé leur ballet vendredi.
Dans les caves, contre toute attente après la pluie, le gel et le
mildiou, les vignerons nantais sont rassurés : le millésime 2007
s'annonce « irréprochable ». « C'est doré, les moûts sont parfumés »,
résume Ludovic Clénet, ingénieur à l'institut national de l'origine et
de la qualité (INAO). La promesse de vins « légèrement acidulés et
assez charpentés » comparables à 2004... À la différence qu'ils
resteront rares !
 

Car si la qualité est là, pas la quantité. Les experts évaluent une
baisse de production de l'ordre de 15 à 20 %. Le muscadet ne devrait
pas dépasser les 500 000 hectolitres. Le hic, c'est que le marché en
absorbe 670 000. Le vignoble nantais va devoir puiser dans ses stocks
pour fournir. « Certains vont faire leurs 50 hectolitres/hectares, mais
pour ceux qui devront se contenter de 20 hl/ha, ça restera une année
difficile à passer », avoue le président du syndicat muscadet (Sdaoc),
Marcel Jussiaume. « De nouvelles cessations d'activités sont annoncées
».
 

Razzia sur les blancs ?
 

Consolation pour la profession : les vins blancs manquent partout dans
le monde. « Chiliens, australiens et espagnols ont le même problème ».
De la qualité, peu d'offre : la conjoncture paraît favorable à une
hausse des prix très attendue. « On vend en dessous du coût de revient,
ce n'est pas vivable », explique Nicolas Choblet dont le muscadet Côtes
de Grandlieu a pourtant été plutôt épargné par la baisse des
rendements.
 

Cette crise n'est pas neuve. La nouveauté, c'est le discours unanime. «
C'est un bien, on est obligé d'avoir une prise de conscience collective
», assure Pascal Guibal, vice-président de l'interprofession et PDG de
Sautejeau-Beauquin qui commercialise 40 % des vins nantais depuis son
rachat par le groupe Castel. « On a besoin des vignerons. Si on les
fait crever à petit feu, ils iront faire de l'hôtellerie ou du béton,
opine Pierre Sauvion. On souhaite tous une hausse des cours, mais
allons-y piano. Le prix du verre et du carton a aussi augmenté ».
 

Le « crack » de 1991
 

En août, la filière s'est mise d'accord sur une hausse de 12 % des
moûts. Viticulteurs et négociants doivent se retrouver autour de la
table mi-octobre. 20 % de plus au final dans les linéaires, soit de 40
à 60 centimes pour atteindre un minimum de 3,50 ? la bouteille ? Il
faudra convaincre les acheteurs mais Pascal Guibal n'y voit pas de
problème : « On l'a bien eu sur la farine, le lait... Le vin est un
produit de plaisir, pas de 1re nécessité. S'il est bon, le consommateur
est prêt à mettre un juste prix. Et le muscadet restera encore le
meilleur rapport qualité-prix de France en AOC ».
 

Attention toutefois à la flambée. Le vignoble n'a pas oublié 1991.
Après le terrible gel, le muscadet raréfié avait gagné 40 % sur
l'étiquette, mais perdu ses marchés.
 

La pente est rude à remonter. Quelques centimes supplémentaires en 2007
ne feraient que ramener le vin nantais à son prix d'il y a dix ans.
 

Ophélie Lemarié

Presse-Océan




Recette similaires