Vous l'avez remarqué, en ce moment, notre président de la République est en pleine anamorphose: on le voit moins, et encore, de loin et sans Ray Ban, il se meut tellement doucement qu'on aurait presque envie de le secouer pour le réveiller, et son nouveau vocabulaire présente des similitudes spectaculaires avec celui des vieilles carmélites auvergnates (l'analogie se limitant à ça, quand même)(enfin on croise les doigts).

du chou, du saumon frais, de la ficelle
A la rigueur, voyez-vous, je préférais encore le voir se dévisser la tête en éructant au sujet de ces salauds de: pauvres, soixante-huitards, étrangers, intellectuels, fonctionnaires, banlieusards, et autres pauvres cons, le visage tout plein de sueur, perlant sur son front insolemment trop bronzé.
tu tailles en dés le saumon et tu le poses
dans la feuille de chou préalablement un peu bouillie
Non pas que le spectacle me plaisait tant que ça, bien au contraire; mais le fait de savoir qu'il prend sur lui, s'impose un effort de tous les instants, coaché par son entourage, afin d'avoir l'air à peu près normal, et que cette normalité soit de ce fait autant commentée par les observateurs que son ancienne façon d'être (moins normale, donc), me paraît tellement affligeant et navrant, que j'ai encore plus honte de lui qu'auparavant.

tu plies, tu ficelles, tu noues,
et tu balances dans le cuit-vapeur
Du coup, je fais pareil, suivant le mouvement: je meurs d'envie de vous montrer le somptueux Kougelhopf alsacien que j'ai fait ce week-end, ainsi qu'un démentiel cake au citron aérien et délicieusement fondant, une terrible tarte aux cerises et crème de citron, mais voilà, je sens bien qu'on frise l'overdose de gâteaux sur ce blog, alors je prends sur moi et vous balance du chou frisé et du poisson à la vapeur.

Alors, heureuses?