Votre yaourt a l’air sain? Voici pourquoi il faut quand même retourner le pot avant de l’acheter
S’il y a bien un produit qui a réussi à se faire une place dans presque tous les réfrigérateurs, c’est le yaourt. Au petit-déjeuner avec un peu de granola, au goûter avec des fruits, en dessert après le repas ou même dans une sauce salée pour accompagner des crudités… il sait tout faire!
Et forcément, avec son image de produit simple, frais et “bon pour nous”, on a vite tendance à le glisser dans le caddie les yeux fermés. Sauf que hop hop hop, c’est justement là que le piège peut commencer... Car dans le rayon frais, tous les pots ne racontent pas la même histoire. Certains yaourts affichent un packaging très rassurant, des fruits bien brillants, des mots comme “naturel”, “light”, “protéiné” ou “fit”… mais une fois l’étiquette retournée, l’ambiance peut changer.
Sucre, arômes, épaississants, édulcorants, faible quantité de fruits, liste d’ingrédients à rallonge… le yaourt que l’on pensait tout simple peut parfois se rapprocher davantage d’un dessert lacté très travaillé que d’un yaourt nature classique. Alors non, il ne s’agit pas de diaboliser le rayon yaourts. Mais plutôt d’apprendre à regarder les bons détails, ceux qui sont souvent écrits en tout petit au dos de l’emballage.
Le yaourt, bonne idée… mais pas n’importe lequel
On commence par remettre les choses à leur place: oui, les yaourts et les produits laitiers ont tout à fait leur place dans l’alimentation. Le Programme National Nutrition Santé recommande notamment de consommer des produits laitiers en quantité suffisante mais limitée, en variant entre lait, yaourt, fromage blanc et fromage.
Le problème, ce n’est donc pas le yaourt en lui-même. Le problème, c’est la grande famille dans laquelle on le range un peu trop vite. Entre un yaourt nature composé de lait et de ferments lactiques, un yaourt aromatisé, un yaourt “aux fruits”, un dessert lacté, une mousse protéinée ou une crème gourmande, on ne parle pas toujours du même produit.
Et pourtant, dans le rayon, tout est souvent placé côte à côte. Résultat? On attrape un pot en se disant “c’est du yaourt, donc c’est forcément mieux qu’un dessert”, alors que la composition peut varier énormément d’une référence à l’autre.
Le premier bon réflexe, c’est donc de ne pas se fier uniquement au devant du pot. C’est joli, c’est vendeur, c’est rassurant… mais ce n’est pas là que se trouvent les informations les plus utiles.
“Light”, “protéiné”, “aux fruits”: ces mots qui attirent l’œil
On les connaît, ces petits mots écrits en gros sur les emballages. “Allégé”, “riche en protéines”, “0%”, “naturel”, “fit”, “source de calcium”, “aux fruits”… Avouez, ça donne tout de suite envie de penser qu’on fait un choix raisonnable.
Sauf qu’une allégation ne dit jamais tout du produit. Elle met en avant une caractéristique précise, pas l’ensemble de la recette. Un yaourt peut être pauvre en matières grasses mais assez sucré. Un produit peut être riche en protéines tout en ayant une liste d’ingrédients longue comme un jour sans goûter. Un pot peut afficher de belles fraises sur le carton, mais contenir finalement peu de fruits.
La DGCCRF rappelle d’ailleurs que les allégations nutritionnelles et de santé sont encadrées par la réglementation européenne afin d’assurer une information juste aux consommateurs. Autrement dit, ces mentions ne sortent pas de nulle part, mais elles ne remplacent pas une vraie lecture de l’étiquette.
Alors oui, “riche en protéines” peut être intéressant. “Allégé” peut avoir du sens. “Aux fruits” peut être très bien. Mais seulement si le reste suit.
Le sucre: le détail à regarder avant les calories
On vous voit venir: “Bon, je regarde les calories et c’est réglé?” Pas tout à fait. Les calories donnent une information, mais elles ne suffisent pas à juger la qualité d’un yaourt. Le sucre, lui, mérite vraiment un petit coup d’œil.
Certains yaourts aromatisés, à boire ou aux fruits peuvent contenir des quantités de sucres bien plus élevées qu’on ne l’imagine. Et comme ils gardent leur image “produit frais”, on les consomme parfois très régulièrement, sans trop y penser.
L’Anses recommande de ne pas dépasser 100 g de sucres totaux par jour chez les adultes et adolescents, et indique qu’une partie de la population dépasse déjà cette valeur en France. Bien sûr, le sucre naturellement présent dans le lait, le lactose, n’est pas exactement la même chose qu’un sucre ajouté pour sucrer une recette. Mais sur une étiquette, la ligne “dont sucres” permet quand même de comparer les produits entre eux.
Le bon réflexe? Comparer deux yaourts similaires pour 100 g. Pas un yaourt nature avec une mousse dessert, non. Deux yaourts aux fruits entre eux, deux yaourts à boire entre eux, deux produits protéinés entre eux. C’est là que les différences sautent aux yeux.
Un yaourt n’a pas besoin d’être très sucré pour être bon. On peut très bien choisir une base plus simple et ajouter soi-même des morceaux de fruits, un peu de cannelle, quelques noisettes concassées ou une cuillère de compote sans sucres ajoutés.
“Aux fruits” ne veut pas toujours dire “plein de fruits”
Ah, les beaux emballages avec des fraises, des pêches, des myrtilles ou des mangues coupées en gros morceaux… On s’y verrait presque, cuillère à la main, avec un vrai bol de fruits frais. Sauf que dans certains pots, la quantité réelle de fruits peut être plutôt modeste.
C’est souvent indiqué dans la liste des ingrédients ou à côté de la préparation de fruits: par exemple “fruits X%”. Et là, surprise: deux produits qui se ressemblent beaucoup en rayon peuvent contenir des proportions très différentes.
Là encore, l’idée n’est pas de tout bannir. Un yaourt aux fruits peut parfaitement faire plaisir. Mais si vous cherchez un choix plus simple au quotidien, mieux vaut parfois partir sur un yaourt nature et ajouter vous-même les fruits. Au moins, vous savez exactement ce qu’il y a dedans.
Et puis franchement, un yaourt nature avec des morceaux de pêche bien mûre, quelques framboises ou une banane écrasée, ça n’a rien d’une punition !
Les yaourts nature: le choix le plus simple pour reprendre la main
S’il fallait garder une règle facile à retenir, ce serait celle-ci: quand on hésite, le yaourt nature reste souvent l’option la plus lisible.
Pourquoi? Parce qu’il sert de base neutre. Vous pouvez ensuite l’adapter selon vos envies: fruits frais, compote, graines de chia, noix, amandes, cannelle, cacao non sucré, flocons d’avoine… À vous de choisir le niveau de gourmandise.
C’est aussi une bonne solution pour cuisiner. En sauce avec du citron et des herbes, dans un cake, une marinade, un bowl salé ou même une pâte à gâteau, le yaourt nature sait se rendre utile sans imposer un goût trop sucré.
Et entre nous, c’est souvent là qu’on réalise une chose: on n’a pas forcément besoin d’un pot déjà parfumé, déjà sucré, déjà “dessertisé”. On peut partir d’un produit simple et le transformer en fonction du moment !
Les yaourts protéinés: bonne idée ou simple argument marketing?
Depuis quelques années, les yaourts riches en protéines ont envahi les rayons. Pots XXL, promesses sportives, emballages noirs ou très graphiques, mentions “high protein”… difficile de passer à côté.
Ces produits peuvent être intéressants pour certaines personnes, notamment selon leurs besoins, leur activité physique ou leur façon de répartir les protéines sur la journée. Mais attention au raccourci: “plus protéiné” ne veut pas automatiquement dire “meilleur”.
Un yaourt riche en protéines peut aussi contenir des édulcorants, des arômes, des épaississants ou une composition plus travaillée. Là encore, on retourne le pot et on regarde l’ensemble: protéines, sucres, matières grasses, liste d’ingrédients, portion réelle.
Le Nutri-Score peut aussi aider à comparer les produits, lorsqu’il est affiché. Il prend en compte le tableau des valeurs nutritionnelles et certains ingrédients pour repérer plus facilement les produits ayant une meilleure composition nutritionnelle. Mais comme toujours, il est surtout utile pour comparer des produits d’une même famille.
La bonne méthode au supermarché: comparer ce qui est comparable
Hop hop hop, voilà une erreur très fréquente: comparer un yaourt nature avec une crème dessert, puis conclure que le premier est “meilleur”. Oui, probablement. Mais ce n’est pas forcément la comparaison la plus utile.
Pour choisir intelligemment, comparez des produits similaires: yaourt nature contre yaourt nature, yaourt grec contre yaourt grec, yaourt aux fruits contre yaourt aux fruits, dessert protéiné contre dessert protéiné. Manger Bouger conseille justement, en l’absence de Nutri-Score, de regarder les teneurs en sucres, graisses ou sel pour 100 g ou 100 ml afin de comparer les produits.
Regardez ensuite trois choses: la quantité de sucres, la longueur de la liste d’ingrédients et la portion indiquée. Car parfois, le pot semble raisonnable pour 100 g… sauf qu’il en contient 170 ou 200 g et qu’on le mange en entier.
Ce sont ces petits détails qui font la différence quand on consomme le même produit plusieurs fois par semaine.
Mirella Mendonça
Commentaires
anonymous
Des raisonnements redondants et souvent abscons